le samedi 9 octobre 2004

Trahison pour le lac Kénogami

Abandon du projet de la Pikauba

Alma – Président de l’Association de protection du lac Kénogami (APLK), Louis Pilote se sent trahi par la ministre Françoise Gauthier en ce qui concerne le projet de barrage sur la rivière Pikauba.

“On joue le rôle du bon citoyen, on croit que ça avance et Mme Gauthier dit nous appuyer dans notre projet de développement du lac Kénogami. Elle nous dit que nos efforts sont extraordinaires et qu’elle a vanté nos idées à ses amis Yves (Séguin), Sam (Hamad) et Tom (Mulcair). Et là, on apprend dans Le Quotidien, en première page, que le dossier de la Pikauba ne sera même pas présenté au Conseil des ministres”, déplore l’intervenant.

Le plan de développement dont fait état Louis Pilote aborde divers moyens de valoriser le lac Kénogami. Par exemple, on y prône un concept de forêt habitée, la présence des Amérindiens sur le territoire (idée applaudie, semble-t-il, par Alain Nepton, du conseil des Montagnais), des trajets de cyclisme et la production hydroélectrique à partir des installations déjà existantes. Or, pour que tout cela se réalise concrètement, le président de l’APLK souligne que le niveau du lac Kénogami doit être maintenu à un niveau acceptable.

“On se paie notre tête ou quoi? On ne peut pas traiter des citoyens comme ça, les laisser travailler pour rien. Mettons qu’aujourd’hui, j’ai le citoyen pas mal à terre”, fait-il remarquer.

Aspect sécurité

Mettant en relief l’aspect sécurité du projet Pikauba, Louis Pilote rappelle qu’en cas de pluies diluviennes en saison printanière, le BAPE a évalué la crue maximale probable (CMP) à 4554 mètres cubes d’eau.

“Actuellement, on est en mesure de vider le lac à environ 150 mètres cubes/secondes lorsqu’on ouvre au maximum, ce qui est insuffisant. On sait cependant qu’en creusant la rivière aux Sables, dans le secteur de Pibrac, on peut atteindre un débit de 600 mètres cubes/secondes. Il en coûterait à peu près 25 millions $ au gouvernement.

“Maintenant que le projet Pikauba semble avoir été abandonné, nous allons appuyer fortement cette mesure”, prévient le porte-parole.

Elkem Metal

Autre dossier qu’entend défendre l’APLK, il est hors de question qu’on ferme les yeux sur les négociations en cours entre le gouvernement du Québec et l’entreprise Elkem Metal.

“Ils ne nous joueront plus dans le dos. Ça prend désormais davantage de transparence. Le contrat qui permet à Elkem d’exploiter le lac comme elle le désire se termine en 2005. Nous voulons avoir un mot à dire car c’est également nos ressources naturelles à nous. Elles n’ont pas à appartenir aux compagnies qui font des millions $ sur notre dos”, lance-t-il en conclusion.