le mercredi 18 juillet 2001

Terrains inondés

Des Laterrois critiquent la gestion des barrages

Laterrière – Cinq ans après le déluge du Saguenay, le niveau du lac Kénogami a monté au point de provoquer des inondations chez plusieurs riverains de Laterrière, ces derniers jours, incitant le comité de citoyens à dénoncer la gestion des barrages.

“Encore une fois, les gens du ministère préconisent la solution pompier, ils ont attendu d’être obligés de briser nos terrains et de ronger les rives”, dénonce Gilles Potvin, qui est aujourd’hui vice-président du Comité des citoyens de Laterrière et qui, lors du déluge de 1996, en était président.

Encore trop tard

Depuis jeudi, l’eau du lac Kénogami, près de Jonquière, a monté de 40 centimètres, gonflée par les quelque 70 à 100 millimètres de pluie qui ont arrosé la région du 12 au 15 juillet. Afin de stabiliser la situation, le Service de gestion des barrages publics du ministère de l’Environnement a décidé d’évacuer l’eau en ouvrant les barrages jusqu’à ce que le “seuil mineur d’inondation” soit atteint.

Résultat: des dizaines de terrains ont été inondés à Laterrière, puisque le débit rejeté par les barrages est expédié dans la rivière Chicoutimi et la rivière aux Sables.

Gilles Potvin considère que les barrages auraient dû être ajustés deux jours plus tôt, ce qui aurait évité les dégâts chez des dizaines de riverains, dont chez lui. “Ils ont risqué d’inonder nos maisons encore. S’il avait fallu que la pluie continue, on était fait et, pourtant, ça fait une semaine qu’il pleut, ils auraient pu prévoir.”

Moins pire qu’en 1996

Selon l’ingénieur de garde au Service de gestion des barrages publics, François Picard, lors du déluge, il fallait évacuer 1700 mètres cubes d’eau à la seconde, alors que, depuis jeudi, l’évacuation est de 400 mètres cubes à la seconde. “La situation est beaucoup moins pire qu’en 1996, mais nous avons voulu prévenir”, rétorque M. Picard.

L’ingénieur affirme que, depuis lundi, le niveau d’eau du lac Kénogami a diminué d’une dizaine de centimètres. “Le lac est géré à 60 centimètres plus bas qu’avant la crue de 1996. Nous essayons de le garder à 163,5 centimètres de niveau maximum d’exploitation, signale-t-il. Nous estimons, poursuit-il, que la situation sera revenue à la normale jeudi ou vendredi, surtout qu’Environnement Canada ne prévoit pas plus de cinq centimètres de pluie pour les deux prochains jours.”