le mercredi 5 juin 2013

Claude Collard, ancien président de l’APLK

 » Tout ça aurait pu être évité « 

JONQUIÈRE – Même si la situation des cours d’eau au Saguenay-Lac-Saint-Jean doit se résorber dans les heures à venir, même si aucun citoyen ne semble avoir subi des dommages importants à sa propriété, une gestion efficace des barrages aurait pu éviter aux citoyens de vivre des heures d’angoisse.

Si la situation est devenue tendue, ce serait en raison d’un changement imprévu dans les précipitations qui est venu bouleverser les données.

En fait, si aucune autre précipitation d’importance ne survient dans les prochaines heures, le niveau du lac Kénogami devrait se trouver à un niveau acceptable et le débit des rivières Chicoutimi (actuellement à 300 mètres cubes à la seconde) et aux- Sables (400 m3/sec) devrait être plus normal.

« Il n’y a rien d’inquiétant, mais la situation ne s’est pas encore résorbée. Le lac Kénogami a atteint son pic la nuit dernière (mardi) à 164,48 mètres. Ça devrait recommencer à baisser dans les heures à venir », explique Pierre Dassylva, directeur de la Sécurité civile du Québec pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Éric Santerre, des communications au Centre d’expertise hydrique de Québec (CHEQ), explique que tout a été fait pour éviter les désagréments aux riverains.

« Il y a eu un changement dans les précipitations. Des averses sont tombées sur le Saguenay, alors qu’elles étaient plutôt prévues pour le nord du Lac-Saint-Jean. Cela a changé les choses.

« Malgré tout, nous n’avons pas été pris par surprise. Dès vendredi, nous avons commencé à ouvrir les pelles des barrages. Nous avons poursuivi samedi. Non, nous ne nous sommes pas réveillés seulement dimanche matin. Nos experts ont analysé la situation durant toute la fin de semaine, 24 heures sur 24. Une crue printanière co mme celle-là, ça arrive une fois aux 100 ans », mentionne Éric Santerre.

Malgré tout

Toutes ces explications peuvent avoir du sens, mais pour Claude Collard, ancien président de l’Association des propriétaires du lac Kénogami (APLK), rien de tout cela n’aurait dû se produire.

« Oui la situation a été assez dramatique. C’est la quatrième fois que ça se produit depuis le déluge de 1996 et cette fois-ci fut la pire. Mais ça aurait pu et dû être évité. Les gens du centre d’expertise savaient qu’il y avait de l’eau dans la Réserve des Laurentides, que cette eau finirait par descendre. Les terrains étaient gorgés d’eau depuis deux semaines, mais ils n’ont pas bougé.

« Vendredi, le débit des rivières était de seulement 200 m3/secondes, ce n’était pas suffisant. Je savais que les problèmes s’en venaient. Samedi le niveau a encore monté et dimanche aussi. Ils ont inquiété inutilement les riverains. En temps normal, on ne devrait même pas avoir à parler de cette situation. Ça aurait pu être évité », indique Claude Collard.

Finalement, le ministère des Transports a rouvert la route 381 entre Saint-Urbain et Ferland-et-Boilleau en érigeant un chemin de contournement.