le mercredi 3 juin 1998

Lac Kénogami

L’APLK demande une hausse du niveau des eaux

Jonquiere – L’Association pour la protection du lac Kénogami (APLK) sonne l’alarme: si rien n’est fait d’ici 48 heures pour augmenter le niveau du lac, l’été des riverains sera assurément à l’eau.

Président de l’APLK, Christian Fortin a convié tous les riverains du lac à une réunion, dimanche, à 10 h, au camping Jonquière, pour préparer une action ferme dans le but de forcer les autorités à mettre fin à une situation qui ne s’est jamais vue en 74 ans.

«C’est la première fois depuis 1924, affirme M. Fortin, qu’une crue printanière vide le lac au lieu de l’emplir. Il sort 69,3 mètres cube/seconde alors qu’il en rentre 38,2. Dans quelques jours, le lac sera irrécupérable.»

Dans l’état actuel des choses, poursuit M. Fortin, pour faire monter le lac de trois quarts de pouce par jour, il faudrait ramener le débit à 36 m 3/sec à la condition qu’il en entre toujours 42 m 3/sec.

Selon M. Fortin, il est clair que les producteurs d’électricité s’en donnent à coeur joie, ouvrant les pelles au maximum. Elkem, croit-il, retire 30 000 $ par jour de production quotidienne.

«Si tout le monde paie quand il y a un déluge, estime M. Fortin, tout le monde doit payer quand il y a une sécheresse, ce qui n’est pas le cas. Il n’y a que les riverains qui paient en ce moment. Il faut que les compagnies apprennent à partager».

L’APLK, enchaîne-t-il, a collaboré aux consultations du comité de bassin sur la gestion du lac réservoir Kénogami et approuve le ni-veau de 113,5 pieds. «Nous avons été tranquilles depuis un an, mais nous devons faire valoir nos demandes.»

L’APLK ne peut attendre qu’entre en vigueur le plan de gestion du lac le 15 juin «parce que le lac sera irrécupérable», insiste M. Fortin.

Une convention de gestion du niveau d’eau existe pour le lac Kénogami, mais elle est valide qu’entre le 15 juin et le 15 septembre. Le ministère de l’Environnement et de la Faune, qui a autorité sur le lac, a reçu les doléances des riverains.

Le ministère n’a pas beaucoup d’autres solutions que de compter sur la bonne volonté des producteurs d’hydroélectricité d’ici le 15 juin ou encore leur offrir des compensations.

M. Fortin a l’impression que les riverains jouent le jeu des producteurs d’électricité. Leurs revendications à long terme serviront avant tout ces mêmes producteurs. Le projet de trois barrages en amont, dit M. Fortin, fera en sorte qu’il y aura toujours de l’eau dans le réservoir Kénogami.

Il s’agit de la solution retenue par le Comité de bassin du réservoir Kénogami. Trois barrages devraient être construits sur les rivières aux Ecorces et Pikauba.