Lundi 29 Août 2005

Votre opinion

Lac Kénogami: vers un consensus social 

M. Bertrand Tremblay (journaliste), l’Association de protection du lac Kénogami (APLK) – apprécie grandement la position que vous avez adoptée, récemment dans cette page, concernant le problème de variation du niveau d’eau et ses conséquences sur les riverains. Tous ont constaté que l’été a été un période exceptionnelle pour l’ensemble du Québec. Les gens du lac Kénogami n’ont cependant pu profiter pleinement de ce beau temps estival.
Il est impossible de contrôler la pluie (les apports), tout au plus, on peut prévoir quelques jours à l’avance. Par contre, on peut facilement contrôler les sorties aux barrages. Nous avons la possibilité de fermer ou d’ouvrir rapidement les vannes. Pour maintenir de façon acceptable le niveau du lac, il s’agit simplement de fermer les «pelles». La solution m’apparaît simple. S’il ne pleut pas, on équilibre les entrées et les sorties.
Les personnes établies sur les berges des rivières au Sable et Chicoutimi ont subi le déluge de 1996 et les probabilités que cela arrive à nouveau sont d’une chance sur 10 000 à chaque année. Probabilité relativement faible, mais la peur que ce déluge arrive encore est cependant grande.

Fonctionnaires

Les fonctionnaires ne peuvent quitter facilement l’univers des chiffres et du calcul. Les responsables politiques doivent cependant tenir compte des personnes. Plus qu’une question de probabilité, d’affaires, de chiffres, c’est une question de dignité, de sécurité, de bien-être et de confort pour les riverains.
Cet été, l’APLK a invité par communiqué la ministre Françoise Gauthier à accélérer la décision de creuser le lit de la rivière au Sable, du barrage Pibrac au pont de CEPAL, pour, ainsi permettre une plus grande capacité d’évacuation en cas de pluies importantes. La réponse reste à venir.
Arrêtons donc de compliquer les choses. Creusons la rivière au Sable pour la sécurité et modifions la gestion en équilibrant le plus possible ce qui entre et ce qui sort du lac Kénogarni.

Courage politique

Seul le courage politique va briser cette connivence qu’ont entre eux les fonctionnaires du ministère de l’Énergie et des Ressources et les compagnies qui ont des droits acquis depuis un siècle. Oublions les contrats des années de 1900 et 1950 et intégrons la réalité et la conjoncture de 2005, dans le cadre de cette négociation. Pensons au lac Kénogami d’aujourd’hui avec ses riverains et ses usagers.
Pour les producteurs d’hydro- électricité, il s’agit simplement de leur garantir non pas de l’eau, mais de l’électricité. La renégociation des contrats avec Elkem Métal et Abitibi-Consolitated doit aller dans ce sens. Les compagnies pourraient même être partie prenante de ce projet de société et de développement collectif.
Revendiquer des droits sur l’eau du lac Kénogami, ce n’est pas rêver, mais c’est se donner des moyens à la hauteur de nos rêves.
Paul-Roger Cantin. membre de l’APLK.
Lac-Kénogami.