Lundi 29 Août 2005

Baisse de la production hydroélectrique Simple hasard ou décision politique ?

LAC-KÉNOGAMI (PG) – La production hydroélectrique d’Elkem Métal, au coeur du débat du lac Kénogami, est réduite depuis vendredi.

L’usine de Chicoutimi reçoit moins d’eau pour produire de l’électricité depuis vendredi alors que la sortie du lac Kénogami a été ramenée à 30 mètres cubes d’eau par seconde, contrairement au seuil minimal habituel de 42,5. Comme la rivière Chicoutimi compte pour les deux tiers du débit sortant, Elkem Métal bénéficie actuellement de 20 mètres cubes.

Simple hasard ou décision politique? «Je ne sais pas trop,mais je pense que c’est à la suite de la pression populaire», a répondu le président sortant de l’APLK, Louis Pilote. Pour le vice-président sortant, Claude Collard, c’est la simple peur de manquer d’eau dans le lac cet hiver qui aurait influé. La gestion revient au Centre de ressources hydriques, une unité du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP). Tableau à l’appui, il démontre que le niveau actuel est inférieur à celui de 2002-2003, une année horrible selon lui. Il a aussi avancé que si une telle décision avait été prise le 30 juillet, le niveau du lac serait en ce moment plus élevé de 80 cm (2,5 pieds).

«D’après moi, c’est certain que ce n’est pas Elkem Métal qui l’a demandé. Ils n’ont jamais voulu faire de compromis», croit-il. Il n’a pas été possible d’obtenir de commentaires de la part de la direction d’Elkem Métal ni du ministère sur les motifs de la baisse de débit.

Membre de l’exécutif de l’APLK

Champagne entend «mettre de la lumière là-dedans» 

LAC-KÉNOGAMI (PG) – Les douze membres nouvellement élus ou réélus du conseil d’administration de l’Association pour la protection du lac Kénogami (APLK) doivent se rencontrer pour une première fois mardi et les réunions pourraient bien être houleuses.

C’est que l’animateur de CKRS et résidant du lac Kénogami, Louis Champagne, a d’abord fustigé le comité exécutif sortant de l’APLK pour son manque de résultats. Il a cependant été élu par la suite sur le conseil en même temps que les sept membres sortants du comité exécutif. Les douze membres décideront entre eux des postes de chacun, allant de la présidence au statut de simple membre du conseil.

En début d’assemblée, une proposition demandait le creusage de la rivière aux Sables, pour assurer une certaine marge de sécurité advenant un autre coup d’eau dans le Parc des Laurentides. Les travaux de 13 millions $ feraient passer la capacité d’évacuation de 150 à 650 mètres cubes par seconde. «Vous avez beau voter 63 résolutions, vous n’êtes pas à la table de négociations (…) Mettez-nous de l’eau dans le lac, pis le reste on s’en câlisse», a pestiféré Louis Champagne devant l’assemblée.

Selon lui, ce n’est pas avec des «pétitionnettes» et des «réunionnettes» que les choses vont avancer. Il faisait référence à la pétition initiée par Réal Godin. Le conseiller municipal de Saguenay était d’ailleurs sur place. Louis Champagne visait aussi les nombreuses réunions du comité exécutif de l’APLK au fil des quatre dernières années, dont 16 avec des politiciens. Il a aussi décrié une proposition concernant la durée du bail d’Elkem Métal.

Rencontré après l’assemblée, le nouvel élu a gardé le même discours. «ça fait 10 ans qu’ils ne font rien. On va mettre de la lumière là- dedans. Il y a des tonnes de résolutions qui ne mènent à rien. Il va falloir que l’exécutif soit plus présent», dénonce-t-il. Il ne croit pas que ses coups de gueule lors de l’assemblée lui causeront des problèmes lors de la première réunion. «J’espère que non, mais si ça en fera, ça en fera. Je suis assez représentatif, j’ai eu trois votes unanimes sur mes propositions aujourd’hui. Je me sens muni de ce mandat-là», pense-t-il.

Il dit avoir accepté de se retrouver dans le conseil de l’APLK parce qu’il ne veut pas être ACCUSÉ de ne pas s’impliquer et de seulement chialer. L’engagement profond de M. Champagne laisse cependant perplexe. Certains croient qu’il ne sera présent qu’à deux ou trois réunions avant de disparaître. Du côté du président sortant, Louis Pilote, il ne s’offusque pas d’avoir été attaqué. «Ça ne me dérange pas, je suis très au fait du dossier, je ne fais pas de déclarations en l’air, je suis toujours documenté», se défend-t-il. M. Pilote prédit toutefois qu’avec la force des mandats obtenus, «ça va y aller aux toasts».