Progrès-Dimanche, le 28 Août 2005

Association pour la protection du lac Kénogami

Les membres pourraient hausser le ton

JONQUIERE (SB) – «Ce que les propriétaires et villégiateurs du lac Kénogami veulent, c’est que leurs revendications soient entendues et que l’on tienne compte de nos opinions. Sinon, ça risque de barder.» Sans vouloir déterrer la hache de guerre immédiatement, Louis Pilote, porte-parole de l’Association pour la protection du lac Kénogami, veut faire savoir que les membres n’ont pas l’intention de laisser aller la situation. Depuis déjà quelques semaines, le faible niveau d’eau du lac Kénogami a obligé les plaisanciers à retirer leurs bateaux des eaux, étant dans l’impossibilité de quitter les baies pour se rendre sur les eaux du lac Kénogami. Ce matin, à l’édifice municipal de Lac Kénogami (10h30), plus d’une centaine de personnes est attendue pour une assemblée générale, où il sera question de la position de l’association au sujet du barrage Pikauba, de la renégociation des contrats entre le gouvernement et les compagnies (qui utilisent l’eau du lac) et de la gestion estivale du niveau d’eau.

Le contrat d’utilisation de l’eau du lac Kénogami entre Québec et la compagnie Elkem Métal vient à échéance le 31 décembre 2005. Les dirigeants de l’association veulent s’assurer que la prochaine entente sera meilleure pour les plaisanciers et souhaitent qu’elle soit signée uniquement pour une période de cinq ans et non pas de 50 ans comme par le passé. «Nous sommes à faire signer une pétition actuellement et ce que l’on veut c’est qu’elle se rende à la table de négociations entre Québec et les compagnies. Nos revendications doivent être entendues. On souhaite même que le maire de Saguenay, Jean Tremblay puisse être à cette table. «Nous croyons que le poids des villégiateurs et des plaisanciers va peser dans la balance. Ils se doivent de tenir compte de nos opinions, sinon ça risque de brasser. Je retiens les membres présentement, mais si rien ne bouge, il risque d’être difficile de maintenir la paix», explique Louis Pilote.

En somme, les membres de l’ APLK veulent s’assurer qu’il ne sortira pas plus d’eau du lac Kénogarni qu’il n’en arrive. Si l’apport d’eau est de 20 mètres cubes par seconde, il ne devrait plus en sortir 42.5 mètres cubes comme c’est le cas actuellement. En fait, on cherche une solution pour assurer une stabilité en période estivale afin de ne pas pénaliser les plaisanciers.

Barrage

Louis Pilote sait très bien que le gouvernement du Québec a abandonné le projet de construction d’un barrage sur la rivière Pikauba, qui devait assurer la sécurité des citoyens. L’APLK a toujours voulu de cet ouvrage, mais consent à oublier ce projet. Mais elle n’entend pas mettre de côté la sécurité des villégiateurs. «On comprend qu’il n’y aura pas de barrage, mais le gouvernement doit absolument procéder au creusage de la rivière aux Sables, ce qui serait une solution moins coûteuse et qui assurerait tout de même la sécurité de la population, tout en permettant une meilleure utilisation des eaux du lac Kénogami pour les plaisanciers», de préciser Louis Pilote.