Vendredi 25 septembre 1998

Comité du bassin lac Kénogami

Ruel fait preuve d’une grande patience

Jonquière – Le comité provisoire du bassin lac Kénogami attend toujours de voir quel scénario le gouvernement du Québec proposera comme aménagement en amont du réservoir Kénogami pour gérer une crue maximale probable (CMP).

Président du comité de bassin du lac Kénogami, Paul Ruel fait preuve d’une grande patience en se soumettant aux délais d’Hydro-Québec, qui doit produire un rapport sur un projet hydroélectrique de 60 mégawatts dans la réserve faunique des Laurentides.

De plus, le comité de bassin du lac Kénogami attend aussi le rapport d’un sous-comité technique sur le partage des eaux du réservoir. Ce sous-comité travaille depuis plusieurs semaines afin de dégager le meilleur scénario possible de partage des eaux entre les rivières Chicoutimi et aux-Sables.

Depuis 1926, un protocole accorde les deux tiers du débit du lac Kénogami à la rivière Chicoutimi et un tiers à la rivière aux-Sables.

Le sous-comité technique analyse différents scénarios sur le partage des débits, à partir de 100 m3/s jusqu’à la crue maximale probable (5200 m3/s pendant une heure). Ce débit est deux fois supérieur à celui de juillet 1996.

Le comité étudie ce que les rivières Chicoutimi et aux-Sables sont capables de prendre et quels en seraient les impacts sur les riverains, les berges, les industries, l’environnement, etc.

Entre-temps, M. Ruel se contente de rappeler ce qui préside à l’installation d’ouvrages de retenue dans la réserve faunique des Laurentides. «La gestion, indique-t-il, doit répondre à un impératif de sécurité.»

Hydro-Québec a été invité à intervenir dans le dossier parce que la variable «E» du comité de bassin du lac Kénogami comprend une production hydroélectrique supérieure à 50 mégawatts. Au-delà de cette capacité, Hydro-Québec a le droit de valider les propositions.

Dans ce cas-ci, Hydro-Québec cherche plutôt à suggérer son propre scénario, consistant à aménager des digues, barrages et une centrale capable de produire 60 mégawatts. Hydro doit aussi tenir compte de l’impératif sécurité. Son rapport, attendu en octobre, démontrera comment Hydro concilie la rentabilité et la sécurité.

Il y a une chose claire dans la tête de Paul Ruel, la seule raison qui justifie la construction d’ouvrages dans la réserve faunique est la sécurité de la population en aval du réservoir Kénogami. S’il y a lieu de générer des revenus, faudra regarder de quelle façon cela sera possible.

D’ailleurs, à l’occasion de la tournée d’information du comité de bassin, à Laterrière, Chicoutimi et Jonquière, en février dernier, la majorité des intervenants ont affirmé que la production hydroélectrique était accessoire, bien qu’il s’avouaient séduits par l’idée de générer des revenus.

M. Ruel est d’avis que la perspective d’élections peut influencer le cours des choses. Il a l’impression que le gouvernement fera coïncider une annonce avec la prochaine campagne électorale.

Cette opinion est partagée par un autre membre du comité de bassin, croyant tout simplement que Québec connaît la solution, mais qu’on attend les élections pour annoncer un investissement de 300 millions $.

Préfet de la MRC du Fjord-du-Saguenay, qui est représentée au sein du comité de bassin, Noël Tremblay estime toujours que son instance a la vision requise pour participer à la gestion des ouvrages de retenue. «Nous le ferions, dit-il, dans une perspective de sécurité pour les populations.»