le jeudi 21 juin 2012

Lac Kénogami et forêt Cyriac

Québec délivrera des permis de coupe

CHICOUTIMI – Le ministère des Ressources naturelles et de la Faune émettra au cours des prochaines semaines les permis de coupe aux entreprises Val-Bois et Scierie Girard pour la récolte des résineux et feuillus au sud-est du lac Kénogami et dans le secteur spécifique de la forêt Cyriac.

Le ministère n’a pas décelé ou identifié de raison majeure qui lui permettra de souscrire aux demandes des villégiateurs Bruno Villeneuve et Jean Grenon qui voudraient retarder le début des travaux pour imposer des plans de coupe qui, à leur avis, permettraient de respecter cet environnement sensible.

Au cours d’une entrevue accordée au Quotidien, le directeur régional du ministère, Alain Thibeault, a rappelé que les discussions avec les différents groupes concernés par ces opérations avaient débuté l’automne dernier. La municipalité, la MRC du Fjord-du-Saguenay, l’APLK ainsi que les villégiateurs qui fréquentent le secteur ont participé à ce processus de consultation de même que les deux détenteurs des contrats d’approvisionnement pour ce secteur.

« Il est convenu que nous devons fournir des approvisionnements aux entreprises forestières et qu’à ce titre, chaque municipalité doit faire sa part. Nous rappelons qu’il n’y a pas eu de coupe forestière depuis cinq ans dans ce secteur. »

Selon Alain Thibeault, il ne reste que des petits détails à régler avant que le ministère ne procède à l’émission des permis. Le ministère a déjà imposé des dispositions aux deux entreprises qui feront en sorte d’ajouter aux conditions minimales prescrites dans la réglementation de la Loi sur les forêts.

Le ministère a donc répondu aux inquiétudes de l’ingénieur forestier de Saguenay sur la protection du bassin versant qui sert de source d’approvisionnement en eau potable à la ville. Dans ce cas précis, les travaux de construction de route de pénétration seront soumis à des restrictions plus sévères que le RNI, qui constitue habituellement la bible en la matière.

Selon Alain Thibeault, les mesures protégeront l’ensablement des cours d’eau qui est à l’origine de la problématique.

En ce qui concerne les paysages, le MRNF a eu recours à une spécialiste à l’emploi du gouvernement du Québec, Josée Paquette, pour planifier des coupes qui permettront de conserver un cadre naturel pour la forêt. La fonctionnaire a travaillé en collaboration avec les deux entreprises pour planifier la récolte tout en conservant un paysage de qualité pour les personnes qui fréquentent le secteur.

En ce qui concerne le lac Kénogami, le ministère conserve une bande de 500 mètres sur la rive sud de façon à constituer un refuge faunique.

Le directeur régional confirme qu’il y a dans ce secteur des érables. Il émet toutefois des réserves en ce qui concerne les érablières: « Ce n’est pas parce qu’il y a 50 tiges (érables) à l’hectare que nous sommes dans une érablière comme il en existe au centre du Québec. Il y a effectivement des érables dans des forêts avec d’autres essences de feuillus. »

Les arbres géants dont parlent les deux villégiateurs n’intéressent pas les entreprises forestières en raison de leur dimension. Des mesures seront prises pour éviter que ces arbres soient endommagés lors des opérations de récolte.

Le directeur régional considère que le processus de consultation menée depuis plusieurs mois a permis à tous les intervenants de faire valoir leur point de vue. Le ministère a répondu à ces inquiétudes et maintenant, le ministère doit accorder les permis puisque la Loi sur les forêts du Québec a été respectée, autant en ce qui concerne les précautions pour l’environnement que le processus de consultation déployé pour écouter les différents utilisateurs.