PROGRÈS-DIMANCHE, le 21 Août 2005

Négociations du bail d’Elkem Métal

Saguenay peut être à la table, rien de plus!

CHICOUTIMI (PG)- La ville de Saguenay pourrait bien se retrouver à la table de négociations concernant le renouvellement du bail d’allocation des ressources hydrauliques d’Elkem Métal. Mais pour les regroupements de citoyens ce sera meilleure chance la prochaine fois. Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, avait fait une demande officielle en ce sens dans une lettre, envoyée le 23 novembre 2004, au ministre des Ressources naturelles de l’époque, Sam Hamad. La demande a été réitérée mardi de cette semaine. «Ce matin (vendredi), j’ai rencontré des gens proches du milieu qui m’ont dit que ça pourrait marcher», s’avance prudemment Jean Tremblay. Si jamais la demande est acceptée, ce ne serait pas automatiquement le maire qui s’e pointerait à la table de négos. «Ce n’est pas nécessairement moi qui serait là. On pourrait déléguer un expert», continue le maire.

Mais pour ce qui est des autres acteurs régionaux, ils risquent de devoir prendre leur mal en patience, que ce soit l’Association pour la protection du lac Kénogami (APLK) ou encore le Comité de bassin du lac Kénogami et des rivières Chicoutimi et aux Sables. «Les gens qui avaient des choses à dire se sont déjà faits entendre», répond Mathieu St-Amant, l’attaché de presse du ministre des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF), Pierre Corbeil. Aucun mécanisme additionnel n’est actuellement prévu dans le processus de négociations pour recueillir des opinions et suggestions supplémentaires de la part des acteurs non impliqués dans la négo. M. St-Amant estime que c’est lors des audiences publiques du BAPE de 2003 que les citoyens ont eu la chance de faire valoir leurs points de vue. Les gens du ministère entendent se baser sur les 48 recommandations du BAPE et les 12 du Comité d’examen fédéral pour se diriger dans les négociations qui sont déjà en cours.

Cependant on se limite à dire qu’il y a actuellement seulement «des discussions», selon Lise Guérin du MRNF. Le ministère du Développement durable est aussi présent. «Ça me surprend», est la première réaction de Louis Pilote, président de l’ALPK, lorsque mis au courant des propos de Mathieu St-Amant. M. Pilote a pourtant récemment demandé une rencontre avec notamment le ministre Corbeil et le directeur général d’Elkem Métal, Pierre Gauthier. Le nouveau chef de cabinet de Pierre Corbeil, Benoît Lefebvre, lui aurait cependant promis une réponse prochainement. M. Pilote ne souhaite pas nécessairement se retrouver à la table de négos mais qu’il y ait une rencontre «pour que chacun puisse amener son point de vue». M. Pilote déplore que le MRNF accorde peu d’importance aux citoyens. «Ils donnent beaucoup plus d’importance aux entreprises qu’aux citoyens. Faire affaire avec les citoyens, ça ne les intéresse pas», accuse-t-il. Il croit aussi peu à la bonne volonté du maire Tremblay qui veut s’impliquer dans le dossier. «Ce n’est pas un dossier qui l’intéresse fort. Il le fait parce que ça lui donne un positionnement politique pour les élections de novembre», pense-t-il.

Le bail d’Elkem Métal date de mars 1957, à l’époque de Maurice Duplessis, et vient à échéance le 31 décembre 2005. L’entente garantit un certain débit d’eau dans la rivière Chicoutimi à la compagnie. Toutefois selon l’entreprise, elle n’exploite pas le bail à fond présentement, ne turbinant qu’à la moitié du débit auquel elle aurait droit, pour préserver un certain niveau au lac Kénogami.