le Dimanche 17 mai 2009

Situation inquiétante

La qualité de l’eau se dégrade

JONQUIÈRE – Dorénavant, il faudra se préoccuper davantage de la qualité de l’eau du lac Kénogami que de son niveau. Une étude du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) démontre que l’eau du lac n’est propre qu’à 75%.

L’Association pour la protection du lac Kénogami (APLK) a dévoilé au Progrès-Dimanche, cette semaine, le contenu de l’étude qui sera rendue publique dans deux semaines. Selon les données recueillies à chacune des sept stations de surveillance, l’état trophique du lac se situe dans la zone de transition oligo-mésotrophe, ce qui signifie que le bassin d’eau potable présente des signes d’eutrophisation (voir tableau). C’est donc dire que le lac Kénogami contient un enrichissement naturel élevé en matières nutritives, notamment du phosphore, et l’activité humaine en est en grande partie responsable.

« À la suite de l’analyse sommaire des données, on arrive à la conclusion que le lac Kénogami subit des pressions importantes, particulièrement dans les fonds des baies. C’est une très grande surprise. Pourtant, il n’y a pas d’activités agricole ni industrielle autour du lac, soutiennent Louis Pilote, Caroline Tremblay et Roger Villeneuve, respectivement directeur, présidente et vice-président de l’APLK. Le lac Kénogami est en train de se détériorer. Il faut faire quelque chose, agir, et accentuer les mesures. Si nous gardons les mêmes comportements, que va-t-il se passer? »

Dans son rapport, le ministère recommande, afin de ralentir le processus d’eutrophisation, de limiter les apports de matières nutritives issues des activités humaines.

Déroulement de l’étude

Tout au long de l’été 2008, des bénévoles de l’APLK ont recueilli, à différents endroits et à divers moments, des échantillons d’eau du lac Kénogami. Ceux-ci ont été analysés par le MDDEP. Le but de cette étude était d’établir un portrait de la qualité de l’eau du lac et de mesurer les signes de dégradation, afin d’améliorer les mesures de protection.

L’APLK fait partie du Réseau de surveillance volontaire des lacs (RSV-lacs) du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. Ce réseau, qui vise à évaluer l’état des lacs au Québec et à suivre leur évolution dans le temps, est basé sur un partenariat entre le ministère, les associations de propriétaires riverains et les organisations participant à la protection et la gestion des plans d’eau.

QU’EST-CE QUE L’EUTROPHISATION?

Les lacs vieillissent naturellement et cette évolution se déroule normalement sur une échelle de temps relativement longue. Ce phénomène, que l’on nomme eutrophisation, est le processus d’enrichissement graduel d’un lac en matières nutritives, faisant passer son état d’oligotrophe (qui signifie peu nourri) à eutrophe (qui signifie bien nourri). Cet enrichissement provoque une augmentation de la production biologique, notamment une plus grande abondance des algues microscopiques (le phytoplancton) et des plantes aquatiques. Cette production accrue s’accompagne d’une transformation des caractéristiques du lac, qui se traduit notamment par une plus grande accumulation de sédiments et de matière organique, une réduction de l’oxygène dissous dans l’eau et le remplacement d’organismes par des espèces mieux adaptées aux nouvelles conditions. L’eutrophisation est un phénomène qui peut être accéléré par les activités humaines qui prennent place sur les rives et dans le bassin versant des lacs. Ces activités ont pour effet d’augmenter les apports en matières nutritives au lac. Le vieillissement prématuré est un des principaux problèmes

qui affectent les lacs de villégiature et les lacs situés en milieu agricole et urbanisé.

(Source : www.mddep.gouv.qc.ca)