le mercredi 10 novembre 2010

Il faut protéger et surveiller le lac Kénogami

La protection de notre lac passe par la connaissance acquise avec le support du réseau de surveillance volontaire des lacs (RSVL) et l’implication des citoyens.

Le RSVL, instauré en 2004 par le Ministère de l’Environnement (MDDEP), permet aux riverains de mieux comprendre leur lac et de participer activement à sa protection. Le RSVL est basé sur un partenariat entre le Ministère, les associations de propriétaires riverains et les organismes oeuvrant sur la protection et la gestion des plans d’eau.

L’APLK inscrivait donc le lac Kénogami au RSVL en 2008 au plus fort de la crise des algues bleue – vert.

Analyse de l’eau dans le lac Kénogami

Sept stations d’échantillonnage jugées nécessaires ont été établies sur notre immense lac soient du Camp, Cascouïa, Église, Ouiqui, Cyriac, Pibrak et Portage. Ces sept stations ont été échantillonnées à cinq reprises en 2008, à trois reprises en 2009 et à nouveau à trois reprises en 2010. Les sept bénévoles qui ont pris en charge l’échantillonnage mensuel de ces stations procèdent de plus à des relevés de la transparence de l’eau à toutes les deux semaines. Nous disposons donc d’un échantillonnage jugé représentatif de l’état de l’eau dans notre lac.

Par ces données, nous connaissons l’état de dégradation (trophique) de notre lac.

En effet, l’échantillonnage de l’eau permet de mesurer les concentrations des principaux nutriments servant à établir l’état d’eutrophisation (dégradation) d’un lac selon le protocole du RSVL: le phosphore, la chlorophylle a et le carbone total dissous.

Échantillonnage

Analyse de l’eau entrant dans le lac par les rivières et caractérisation de la Pikauba:

En 2008, trois rivières ont fait l’objet de prises d’échantillons pour analyser l’eau qui entre dans notre lac: Pikauba, Cyriac et Simoncouche. Ce printemps, l’APLK s’engageait à procéder à la caractérisation de la rivière Pikauba en 2010-11. En effet la concentration relativement élevée en phosphore de cet affluent (80% des apports en eau au lac) motivait un tel choix.

Nous devons donc prélever 20 échantillons (quatre en crue automnale, quatre en crue printanière et douze sur une base mensuelle) entre octobre 2010 et octobre 2011. Lorsque vous lirez ces lignes déjà sept échantillons auront été prélevés directement à partir de la nacelle sur la Pikauba.

Par ces données nous connaîtrons donc exactement les quantités de phosphore et de sédiments entrant naturellement dans notre lac (apports).

Parallèlement à cette activité, l’APLK s’engageait à identifier par cartographie d’ici septembre 2011 les sources potentielles de phosphore dans le réservoir.

-Nous connaîtrons par cette activité d’où provient le phosphore qui entre naturellement dans notre lac.

-Ces données constitueront un portrait de la situation actuelle mais surtout une base comparative dans le temps.

-Ces données serviront aussi dans l’élaboration du plan directeur de l’eau du lac Kénogami qui sera réalisé par l’OBV Saguenay.

La logistique du transport des échantillons

La logistique d’une telle activité comporte d’énormes embuches. Ces échantillons doivent parvenir au laboratoire à Québec dans les 48 heures. En 2008 et 2009 plusieurs échantillons ont été perdus mais en 2010 les 21 échantillons prélevés dans le lac se sont rendus au laboratoire. Et au 28 octobre les 5 prélèvements dans la Pikauba ont été livrés au labo.

Le relevé des berges

L’acticité relevé des berges selon le protocole du RSVL a été remise pour la troisième fois cette année. Aussi l’APLK la prendra en charge en 2011 pour s’assurer de sa réalisation.

Cette activité permet de dresser un portrait de l’état des berges du lac, données que l’on peut opposer aux résultats des analyses d’eau prélevées dans le lac pour tirer des conclusions sur les causes de dégradation dans le temps de notre lac.Nous évaluerons l’an prochain avec le RSVL la nécessité de procéder à un inventaire de l’abondance des plantes aquatiques et du périphyton du moins dans certaines parties ciblées du littoral. En effet, il ne faut pas oublier que notre lac est un lac réservoir avec un marnage excessivement important de plus de 10m et nous ignorons l’impact qu’une telle variation de niveau de l’eau peut avoir sur la faune et la flore. Cette connaissance de notre lac permet de dresser un portrait, une photo aujourd’hui de l’état de notre lac. Il faudra ensuite remettre ces données à jour périodiquement (cinq ans ou moins) pour suivre l’évolution de notre magnifique plan d’eau et les conclusions tirées le seront maintenant à partir de données scientifiques. La connaissance des quantités de nutriments accumulés dans le lac, des quantités entrant (apports naturels) par les rivières en amont, l’identification des sources potentielles naturelles et le relevé de l’état des berges permettront de faciliter l’identification des autres sources de pollution et d’apports de nutriments dans notre lac, de pouvoir interagir et y remédier.

Nos sincères remerciements à tous nos bénévoles pour cette importante réalisation, à l’OBV Saguenay pour son support technique et au CBLK et à Saguenay pour leur support financier.

Claude Collard, ing.,

président