Le Quotidien, Mardi 9 Août 2005

Pikauba: une solution fort simple!

Dans le débat [sur le niveau du lac Kénogami], je pense qu’on prend plus de temps à trouver des coupables qu’à chercher des solutions.

Elkem Métal se considère un bon citoyen corporatif car ses turbines ne génèrent pas ce qu’elles seraient en droit de produire? OK!

Les autres producteurs d’électricité qui ont des turbines sur ce lac ont les mêmes prétentions? OK!

La Commission Nicolet a recommandé la construction d’un ouvrage de retenue sur la rivière Pikauba pour régulariser le niveau d’eau (Alcan possède ce genre de barrage au lac Manouane)… Ce projet mérite qu’on s’y attarde un peu plus en profondeur car il semble rallier une forte majorité d’intervenants.

Le gouvernement n’a pas un sous pour financer ce barrage? OK!

Alors, où prend-on l’argent? Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, m’en a donné l’idée en évoquant la possible candidature de sa ville pour l’obtention des Jeux olympiques de 2016.

Dette olympique

Il est où, le rapport avec le barrage? Savez-vous que, dans plus ou moins un an, nous devrions avoir complété le rembourse­ment de la dette olympique, qui nous aura coûté bien plus qu’un milliard de dollars?

Si tous les Québécois ont contribué au remboursement d’un emprunt pour une orgie sportive d’un quinzaine de jours, je ne vois pas ce qu’il y aurait de mal à affecter une partie de la marge de manœuvre ainsi dégagée dans le budget pour financer un ouvrage sur la rivière Pikauba.

Pour rembourser, il suffit d’augmenter la production d’électricité aux différentes centrales du lac Kénogami. En calculant le débit d’eau généré par ce nouveau réservoir, il serait possible de savoir combien de kilowatts additionnels ont été produits. Les revenus supplémentaires ainsi obtenus serviraient à payer des redevances pour l’utilisation des turbines et rembourser l’emprunt. De plus, pourquoi ne pas s’inspirer de l’entente entre Hydro-Québec et Masteuiasth sur l’utilisation de la rivière Péribonka, pour faire de même avec Hudrons-Wendats, dans la réserve faunique des Laurentides? Des redevances pourraient également être versées, ce qui ne serait certainement pas négligeable pour leur développement.

Partenariat

Voilà à mon avis un véritable partenariat, car une population serait sécurisée, ce qui est le but premier; des riverains retrouveraient un lac stable; des producteurs privés et publics (Pont­Arnaud et Chute-Garneau, inclus) y trouveraient leur compte et des communautés [autochtones] profiteraient de retombées économiques nécessaire à leur développement.

Méfions-nous cependant des idées de grandeur et sachons protéger notre patrimoine en n’inondant que ce qui sera vraiment nécessaire.

Un politicien ayant la volonté de régler ce débat qui perdure, depuis trop longtemps n’a pas à craindre de me voler l’idée, il n’a qu’à la prendre et en faire l’annonce avant que l’on se souvienne que, bientôt, ça fera 10 ans [que ce dossier traîne]!

Stanley O’Brien.
Hébertville.