Jeudi le 8 Septembre 2005

Elkem bluffe, affirme le maire Tremblay

CHICOUTIMI (LT)- Le maire de Saguenay Jean Tremblay croit qu’Elkem métal bluffe et est prêt à pousser jusqu’à la limite la demande des riverains du lac Kénogami dont les impacts, selon la direction de l’entreprise, pourraient entraîner sa fermeture et la perte de 60 emplois.
Après sa rencontre avec les dirigeants de l’Association de protection du lac Kénogami (APLK), le maire de Saguenay s’est fait le grand défenseur les riverains en affirmant qu’il était temps de régler ce litige. Évidemment, il tente de minimiser la dernière sortie publique d’Elkem métal quant à l’avenir des ses installations situées en bordure de la rivière Chicoutimi. Interrogé à savoir s’il choisissait la position des riverains au détriment des emplois d’Elkem, ou même s’il était prêt à répondre au bluff d’Elkem, Jean Tremblay a été catégorique et surtout directif: « Je sais que c’est ce que vous souhaiteriez écrire mais je n’ai jamais dit ça. Ils ne fermeront pas. Ils sont en négociation et si j’étais à leur place, je ferais certainement la même chose.» Quant à sa présence à la table des négociations, le maire Jean Tremblay a lancé la balle dans le camp de la ministre responsable de la région, Françoise Gauthier. Mais le maire est conscient qu’il se fait déjà tard. Il a été informé de l’avancement des discussions mais n’a fait état d’aucun élément en rapport avec le contenu du prochain bail.
Le maire de Saguenay croit qu’il  serait en mesure  de trouver la solution idéale qui rencontrerait des intérêts des riverains et de l’entreprise. Il a rappelé qu’à plusieurs reprises il était parvenu à trouver des solutions à des litiges à l’hôtel de ville. « On va trouver un moyen», propose le maire comme prochain slogan à l’image de ce qu’il voudrait faire à la table des négociations. Jean Tremblay ne se préoccupe pas plus qu’il le faut des questions de juridiction. Le fait que les ressources naturelles soient de responsabilité exclusive des provinces ne semble pas l’embêter. À ce titre, il signale que les municipalités oeuvrent dans des domaines de juridiction provinciale comme la culture en plus du fait que les municipalités sont des  créatures des provinces.

Satisfaction  

Les dirigeants de l’Association de protection du lac Kénogarni  (APLK), sont sortis enchantés de la rencontre avec le maire Jean  Tremblay dans le dossier Elkem métal. Le président de l’association, Louis pilote, affirmait qu’il avait vraiment eu l’impression d’avoir  l’oreille du maire. Dans ce contexte, il croit que ce dernier doit  être invité à la table des négociations qui se déroulent en ce moment entre Elkem et les fonctionnaires du gouvernement du Québec.

« Il y a quelques années, il ne s’intéressait pas au dossier mais aujourd’hui, il le comprend bien.  Il est élu par la population et il est notre meilleur représentant», a déclaré Louis Pilote, tout en précisant que son organisme ne voulait pas faire de politique en ce début de campagne électorale. L’APLK a transmis au maire de Saguenay son souhait d’obtenir une gestion correcte du lac Kénogami, ce qui signifie un niveau permettant la pratique du nautisme pendant la saison estivale.

L’APLK considère toujours que la gestion du plan d’eau est déficiente et qu’Elkem métal exagère quand ses dirigeants locaux soulèvent la possibilité d’une fermeture avec la perte de 60 emplois. Si les représentants de l’APLK ont été séduits par cette rencontre, ils n’ont aucune garantie à l’effet que Jean Tremblay soit admis à la table des négociations. Selon Louis Pilote, le gouvernement aurait tout intérêt à ce que le maire puisse se présenter à la table. En ce qui concerne le réservoir Pikauba, l’APLK baisse pavillon, affirmant que ce projet ne ferait que satisfaire Elkem et que de toute façon, l’association a travaillé  pendant sept ans sur un projet pour se faire dire non à l’étape de réalisation.  « C’est simple, pendant l’été, nous voulons simplement que le gestionnaire fasse sortir du lac exactement la même quantité d’eau que celle qui entre».