Lundi 8 juin 1998

Lac-Kénogami

Les riverains forment un comité de stratégie

Lac-Kenogami – Dame nature a pris de court les riverains inquiets et mécontents du lac Kénogami alors qu’au moment ou ils se réunissaient hier au Camping Jonquière dans le cadre de l’assemblée générale annuelle de l’Association pour la protection du lac Kénogami (APLK), le niveau avait atteint la cote de 113,5, un niveau idéal pour les activités nautiques.

La faible crue printanière combinée à un mois de mai particulièrement sec, avait sérieusement limité les apports d’eau naturelle à un point tel que plusieurs riverains craignaient de passer un été au sec. Les responsables de l’association s’attendaient donc à une participation massive (plus d’une centaine de riverains), et surtout à ce que la problématique du niveau du lac soit discutée.

Selon Louis Pilote, l’un des huit membres de l’exécutif de l’APLK, les participants à l’assemblée ont décidé de mettre en place un comité de stratégie. Ce comité aura pour fonction de faire les pressions politiques nécessaires afin que les riverains du lac Kénogami puissent profiter du plan d’eau. Ce qui nécessite le maintien du niveau à la cote 113,5.

Le niveau d’eau idéal

«Le problème, c’est que le niveau idéal du lac Kénogami pour tout le monde est de 113,5. Depuis la Commission Nicolet, le niveau idéal est devenu le niveau maximum alors qu’avant, le ministère gérait le lac avec un pied de plus. Ça donnait la marge de manoeuvre nécessaire mais aujourd’hui, la prudence s’installe dès que le niveau approche les 113,5», explique Louis Pilote.

A son avis, le comité de stratégie mis en place pourra veiller au grain à moyen terme. Le temps de laisser le comité de bassin, une créature découlant de la Commission Nicolet, en arriver à une solution.

«Si l’on parle de la construction d’ouvrages de contrôle en amont, il faut mettre facilement quatre ou cinq ans. En attendant, les riverains veulent intervenir quand la situation le justifie», reprend Louis Pilote.

Ce dernier représente l’APLK au comité de bassin. A ce titre, il constate que les choses vont de mieux en mieux à ce comité et que les entreprises qui opèrent les barrages sur les rivières (Chicoutimi et aux Sables), comprennent bien les appréhensions des riverains du lac Kénogami quant au niveau.

D’un autre côté, Louis Pilote rappelle que les mêmes entreprises ont des ententes avec le gouvernement du Québec sur l’approvisionnement en eau et que des réductions de ces approvisionnements entraînent des pertes: «Peut-être que lorsqu’il y aura des ouvrages en amont, ils seront en mesure d’obtenir des productions moyennes supérieures et ainsi compenser pour les pertes. Il faudrait que le gouvernement du Québec discute avec les entreprises pour les compenser via les redevances versées pour l’utilisation des rivières.»

Louis Pilote estime qu’il est possible d’en arriver à des ententes pour satisfaire tout le monde. Il s’agit, dit-il, que les différents groupes d’intérêts soient en mesure de mettre de l’eau dans leur vin.

Cette problématique touche les riverains du lac Kénogami, les producteurs d’électricité et évidemment, les riverains des rivières Chicoutimi et aux Sables puisque ce sont ces derniers qui écopent lorsque le niveau du lac Kénogami doit être descendu rapidement.

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