le mardi 5 octobre 2004

Report du projet de barrage sur la Pikauba

Le projet de régularisation des eaux du lac Kénogami est mis sur la glace. Selon la ministre Françoise Gauthier, les péquistes n’ont réservé aucune somme d’argent pour ce projet qui a pourtant eu le feu vert du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement en octobre dernier.

Le projet de construire un barrage sur la rivière Pikauba est issu de la commission Nicolet mise sur pied à la suite du déluge de 1996. Le but est de créer un vaste réservoir dans la réserve faunique des Laurentides, afin de contrôler les entrées d’eau dans le lac Kénogami et les bassins versants.

La décision de Québec de suspendre le projet de barrage sur la rivière Pikauba ne cause aucune surprise chez les riverains et les environnementalistes de la région. Un tel barrage, qui est simplement un ouvrage de retenue, ne rapporterait aucun revenu. Le directeur du Conseil régional de l’environnement, Daniel Groleau, croit que c’est sans doute ce qui incite le gouvernement Charest à mettre le projet sur la glace : « Ce n’était pas un investissement de la part du gouvernement, il faut le comprendre, c’était une dépense. Ce n’est pas un barrage qui était turbiné. »

De son côté, le président du comité du bassin du lac Kénogami, Paul Ruel, ne veut pas blâmer la ministre Françoise Gauthier qui affirme que le projet de régularisation des eaux du lac Kénogami n’est plus une priorité. Il soutient que la ministre est favorable au projet, qu’elle connaît bien le dossier, et que c’est vraiment pour des impératifs budgétaires que le projet est mis sur la glace.

Paul Ruel souhaite cependant que d’autres solutions moins coûteuses que la construction d’un barrage soient mises de l’avant pour accroître la sécurité des riverains du lac Kénogami. Il faut à tout prix, dit-il, améliorer la capacité d’évacuation du lac Kénogami, pour éviter un autre drame comme le déluge de 1996.

Chez les péquistes, le ton est beaucoup plus agressif. Le député de Chicoutimi, Stéphane Bédard, qualifie d’irresponsable la ministre Gauthier qui, selon lui, ne fait rien pour éviter d’autres catastrophes.