le Mercredi 4 Janvier 2006

Baux pour les barrages sur la rivière Chicoutimi

«Ça a l’air que ça n’inquiète que nous» – Pierre Gauthier, directeur d’Elkem Métal 

CHICOUTIMI (FL) – Le processus de négociations pour une nouvelle entente sur les deux barrages de la rivière Chicouti-mi n’est toujours pas enclenché, bien que les baux d’Elkem Métal et d’Abitibi-Consolidated soient échus depuis le 31 décembre.

L’entente signée entre le gouvernement du Québec et Elkem Métal en 1956 venait en effet à échéance à cette date, tout comme celle avec Abitibi-Consolidated, renouvelée une première fois en 1995. Elles fixaient les modalités d’exploitation des barrages et les droits d’utilisation de l’eau de la rivière Chicoutimi par les deux compagnies.

Le directeur général d’Elkem Métal, Pierre Gauthier s’inquiète de ne pas avoir eu de nouvelles à ce sujet depuis le mois de mai 2005. «Je m’attends à ce que çacontinue (les négociations) dans les prochaines semaines, mais nous n’avons pas reçu encore de signe [du gouvernement]. J’ai hâte d’en avoir».

« Ça a l’air que ça n’inquiète que nous», lance-t-il, ajoutant qu’il espère que les autres parties ne se «réveilleront pas trop tard».

Le conseiller municipal Paul-Roger Cantin, mandaté à la mi-novembre par Saguenay pour représenter la ville dans les négociations, n’a lui non plus reçu aucune nouvelle de Québec. Il attend d’ailleurs l’entérinement  de sa candidature par le ministre des Ressources naturelles, Pierre Corbeil, après avoir reçu l’approbation de la ministre responsable de la région, Françoise Gauthier.

«Ce n’est pas catastrophique pour l’instant, car nous sommes  en période hivernale. Mais il ne faudrait pas que ça retarde de  plus d’une semaine ou deux», pré- vient M.Cantin. «Il reste environ deux mois et demi avant la crue printanière, alors il va falloir mettre les bouchées doubles». Il rappelle également qu’en cas de mésentente, les négociations pourraient bien s’étirer.

Selon le représentant de la ville, chaque partie devra mettre de l’eau dans son vin durant les pourparlers. Mais la nouvelle entente devra à son avis avant tout résoudre le problème du maintien du niveau du lac Kénogami durant toute la saison estivale, et c’est bien ce qu’il entend défendre.

M. Cantin se montre confiant d’en arriver à une entente avec les deux entreprises. «Mais c’est bien possible que ça brasse. De mon côté, Je me sens appuyé par la population».

Pierre Gauthier est quant à lui conscient qu’il devra faire face à une «nouvelle problématique», à savoir l’opposition des habitants du bassin du lac Kénogami, qui désirent maintenir à tout prix le niveau du lac. «Il va falloir faire avec», exprime-t-il simplement.

Les négociations devraient réunir autour d’une même table les représentants de Ville-Saguenay, du ministère de l’Energie (propriétaire des installations), du ministère de l’Environnement (gestionnaire) et ceux des deux compagnies.

Il n’a malheureusement pas été possible hier d’obtenir les commentaires de la ministre responsable de la région, Françoise Gauthier.