le vendredi 2 septembre 2005

Gestion du lac Kénogami: la compagnie Elkem se défend

Elkem Métal soutient qu’elle n’a pas les moyens de réduire la production électrique à sa centrale de la rivière Chicoutimi sa compromettre sa rentabilité et, à la limite, sa survie.

En conférence de presse, la direction de l’usine a souligné que l’avantage hydroélectrique est essentiel et qu’il prime sur les activités nautiques des riverains. Ces derniers pestent contre l’entreprise qu’ils tiennent responsable du bas niveau du lac. Ils se plaignent notamment de ne pouvoir pratiquer d’activités nautiques sur ce plan d’eau.

Avantage
Depuis 1996, années du déluge du Saguenay, le lac Kénogami est géré de façon beaucoup plus serrée. Toutefois, ces mesures ont coûté cher à Elkem Métal, qui a vu sa capacité de production hydroélectrique réduite, particulièrement lors des étés secs, comme ce fut le cas cette année.

« Le seul avantage qu’on a d’être ici, c’est l’avantage hydroélectrique, et d’avoir du personnel qui est très coopératif et travaillant », affirme le directeur général de l’usine, Pierre Gauthier.

Intervention politique
En fait, la production de ferrosilicium coûte 4 millions de dollars en électricité par année. Si l’usine devait payer toute cette électricité au tarif L d’Hydro-Québec, le coût serait multiplié par trois et la production serait non rentable, selon Pierre Gauthier. Ce dernier soutient donc que: « Ce n’est pas à Elkem de régler le problème récréotouristique au lac Kénogami », dit-il.

La solution, selon lui, serait la construction d’un ouvrage de retenue sur la rivière Pikauba, qui aurait assuré une réserve d’eau en amont du lac, tout en protégeant les riverains. Mais le gouvernement n’en veut pas. « S’il n’y a pas d’intervention politique avec des solutions pratiques, on ne peut pas demander à Elkem de fermer ses pelles », ajoute Pierre Gauthier.

Pour d’autres, la solution partielle serait de garder le niveau du lac plus haut au printemps, une possibilité discutée à la table qui se penche sur le renouvellement des droits de production hydroélectrique. Ces droits viennent à échéance à la fin de l’année.